| La
java des bons enfants
Sur
la rue des bons enfants,
On vend tout au plus offrant.
Y’avait un commissariat,
Et maintenant il n’est plus là.
Une explosion fantastique
N’en a pas laissé une brique.
On crut qu’c’était Fantômas,
Mais c’était la lutte des classes.
Un poulet zélé vint vite
Y porter une marmite
Qu’était à renversement
La retourne, imprudemment.
L’brigadier et l’commissaire,
Mêlés aux poulets vulgaires,
Partent en fragments épars
Qu’on ramasse sur un buvard.
Contrair’ment à c’qu’on croyait,
Y’en avait qui en avaient.
L’étonnement est profond.
On peut en voir jusqu’au plafond.
Voilà bien ce qu’il fallait
Pour faire la guerre au palais
Sache que ta meilleure amie,
Prolétaire, c’est la chimie.
Les socialos n’ont rien fait,
Pour abréger les forfaits
D’l’infamie capitaliste
Mais heureusement vint l’anarchiste.
Il n’a pas de préjugés.
Les curés seront mangés.
Plus d’État et plus d’patrie
Et tout pouvoir, il le nie.
S’en est assez des réformes,
Des rébellions dans la norme.
Faut régler radicalement
Le problème social en suspend.
Sur la rue des bons enfants
Viande à vendre au plus offrant.
L’avenir radieux prend place,
car le vieux monde est à la casse !
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